Présentation et pronostic des vascularites pauci-immunes associées aux gammapathies monoclonales

Nous vous invitons à participer à l’étude des vascularites pauci-immunes associées aux gammapathies monoclonales.

La prévalence des vascularites pauci-immunes est majorée dans la population de plus de 50 ans (Watts, NDT 2015), où la fréquence des gammapathies monoclonales de signification indéterminée (MGUS) atteint environ 3 à 5% (Kyle, NEJM, 2006 ; Kyle, NEJM, 2018 ; Go, leukemia, 2016).

Malgré ces données épidémiologiques, il n’existe pas à l’heure actuelle d’étude ayant évalué la relation potentielle entre les vascularites paucimmunes et la présence d’une immunoglobuline monoclonale.

Cette association pourrait faire suggérer un risque accru de complications hématologiques au long cours, mais également des formes de vascularites différentes en termes de présentation et de pronostic. En effet,  une activité ANCA peut être satellite d’une MGUS jusque dans 10% des cas (Esnault, J Clin Lab Immunol,1990), même si cette activité ANCA n’est pas systématiquement portée par l’immunoglobuline monoclonale. De même, nous avons récemment documenté 2 cas de patients présentant un pic monoclonal IgA, et une activité ANCA IgA avec vascularite rénale (Vignon, KI 2017). Enfin, de rares cas de vascularite paucimmune associée à un pic monoclonal ont été rapportés (Rope, Clin nephrol, 2017), sans que le lien entre vascularite et pic soit formellement démontré.

Ainsi, notre hypothèse de travail voudrait que certaines vascularites paucimmunes puissent être associées et dépendantes d’une immunoglobuline monoclonale, définissant un nouveau type de manifestations autoimmunes associées aux MGUS (Bridoux, KI 2016 ; Glavey, Leung, Blood Rev 2017).

L’objectif du projet est de caractériser la présentation clinique, histologique et l’évolution des patients présentant un pic monoclonal associé à une vascularite paucimmune à travers la description d’une série de cas.

Les critères d’inclusion sont :

  • Vascularite définie par la présence d’un tableau clinique compatible, avec ou sans activité ANCA, associée à une preuve histologique (vascularite leucocytoclasique des petits/moyen vaisseaux, glomérulonéphrite extracapillaire) sans dépôts d’immunoglobulines à l’étude en immunofluorescence
  • Présence d’un pic monoclonal

Les critères de non-inclusion sont :

  • Vascularite histologique associée à des dépôts d’immunoglobulines monotypiques
  • Activité cryoglobuline positive.

A noter que 4 cas compatibles avec ces critères d’inclusion et non-inclusion ont déjà été identifiés localement (Hôpital Henri Mondor).

Une étude rétrospective comparant les caractéristiques des patients avec ou sans pic (présentation clinique, histologique et évolution) sera secondairement envisagée. Des sous-groupes de patients pourront être définis, en fonction de la présence ou l’absence d’une activité ANCA.

A terme, le rôle direct de l’immunoglobuline monoclonale sur l’activation de polynucléaires neutrophiles in vitro pourra être étudié.

Ce travail pourra avoir des conséquences cliniques et thérapeutiques importantes :

  • En termes de présentation clinique et histologique, avec une spécificité potentielle des vascularites associées aux pics monoclonaux
  • En termes de profil évolutif et de surveillance, avec une évolution potentiellement associée à l’évolution du pic monoclonal
  • En terme thérapeutique, avec l’utilisation d’un traitement d’induction ayant une efficacité sur le pic monoclonal.

La caractérisation du sous-groupe de patients atteints de vascularites avec pic monoclonal pourrait permettre de d’optimiser le traitement et le suivi de ce syndrome.